Sommaire
  1. Ce que Windows collecte sur vous, en permanence
  2. macOS : mieux, mais pas innocent non plus
  3. Linux : la différence de fond
  4. Les trois accélérateurs qui changent tout en 2026
  5. Pour vous, individuellement : essayez maintenant
  6. Pour vos organisations : une dépendance à nommer
  7. Et concrètement : que faire ?

En ce moment, pendant que vous lisez ces lignes, votre ordinateur envoie des données à Microsoft. Vous n'avez rien demandé. Vous ne pouvez pas l'arrêter. C'est le réglage par défaut, intégré dans Windows depuis la version 10, reconduit dans Windows 11, et documenté dans la politique officielle de l'entreprise. Ce n'est pas une rumeur. C'est écrit dans leur propre documentation technique.

Linux ne fait pas cela. C'est la raison première de s'y intéresser en 2026, avant la gratuité, avant la stabilité, avant les arguments techniques. La question de vos données vient avant tout le reste.

Opinion Mais peut-être que vous avez déjà entendu parler de Linux, et peut-être que vous vous êtes dit : "Si c'était si simple, tout le monde l'aurait déjà fait." C'est l'objection raisonnable. Et pendant vingt ans, elle était justifiée. Les drivers Wi-Fi ne fonctionnaient pas. LibreOffice rendait vos fichiers Word méconnaissables. Les jeux vidéo étaient quasi absents. L'installation demandait des compétences techniques réelles.

Ce n'est plus la même situation. Entre 2022 et 2026, plusieurs évolutions structurelles ont convergé pour abaisser radicalement le coût de la transition. Le Steam Deck de Valve a prouvé au grand public que jouer sous Linux fonctionne, sans friction visible. L'IA accessible depuis le navigateur a réduit la dépendance à des logiciels natifs. Flathub a atteint 438 millions de téléchargements en 2025, transformant l'installation de logiciels Linux en expérience comparable à un app store. Les pilotes graphiques AMD et NVIDIA ont évolué. Les distributions grand public ont mûri. Les obstacles d'avant-hier étaient réels. Ils ont diminué structurellement. Ce n'est pas la même décision qu'en 2016.


01 / La télémétrie Windows

Ce que Windows collecte sur vous, en permanence

Fait Windows 10 et Windows 11 ont exactement la même politique de collecte de données selon Neowin, qui a analysé la documentation officielle Microsoft en juillet 2025. La version du système ne change rien à l'essentiel : les données collectées sont réparties en deux catégories, "Requises" et "Optionnelles", et la première ne peut pas être désactivée.

Données collectées par Windows 11 · Niveau "Requis" (non désactivable)
Source : Microsoft Learn · Documentation officielle
Identifiants uniques du périphérique
Modèle matériel, processeur, mémoire vive
Version des drivers et du firmware
Version du système d'exploitation
Inventaire des applications installées
Rapports d'erreurs et journaux de crash
Informations réseau et connectivité
Horodatages de lancement des applications
Durées de session et temps d'activité
Statut de mise à jour et d'installation
Détails d'authentification pour services connectés
Configuration matérielle complète
Il n'existe pas de bouton "désactiver" pour ces données. Sur les éditions grand public (Home), il est impossible de les supprimer entièrement.

Fait Ces données ne sont pas envoyées de façon ponctuelle. Des analyses forensiques indépendantes documentées sur WindowsForum montrent que Windows maintient un processus de collecte permanent, EventTranscript.db, qui persiste hors du journal d'événements standard et s'accumule en continu. Une session Windows active génère des dizaines d'événements télémétrie par heure au niveau "Requis" seul. Cette base de données persiste sur le disque jusqu'à suppression manuelle, ce qui implique que l'historique de vos sessions de travail est potentiellement accessible localement, et régulièrement transmis. Il n'existe pas de "pause" dans la collecte requise : elle est active dès le démarrage du système.

Fait Au niveau "Optionnel" (activé par défaut lors de l'installation), Windows collecte en plus des données comportementales détaillées : les recherches effectuées dans la barre des tâches, les saisies au clavier à des fins de personnalisation, les contenus visionnés, les préférences de navigation Edge. Une analyse de 2023 citée par WindowsForum indique que même au niveau minimal, Windows transmet des horodatages de lancement d'applications et des comportements réseau formant des "profils comportementaux détaillés".

Fait En 2024, Microsoft a lancé la fonctionnalité Recall pour Windows 11 sur les PC Copilot+. Recall prend des captures d'écran périodiques de tout ce qui s'affiche sur l'écran, les stocke localement et les indexe pour permettre une recherche ultérieure. La fonctionnalité a été initialement déployée avec un stockage en clair (non chiffré), incluant mots de passe, coordonnées bancaires et messages privés. Après un tollé public et un signalement d'un chercheur en sécurité ayant développé un outil d'extraction de ces données, Microsoft a revu l'architecture. En avril 2026, des chercheurs ont à nouveau démontré des vecteurs d'attaque permettant d'accéder à la base de données Recall malgré les mesures de protection révisées. La fonctionnalité est désormais désactivée par défaut, mais toujours présente sur les machines éligibles.

Point de fond
« La télémétrie n'est pas uniquement un problème de respect de la vie privée. C'est une question de qui contrôle les informations sur votre activité professionnelle, vos équipes, vos partenaires, vos bénéficiaires. »

Analyse Pour les individus, cette collecte ressemble à de l'intrusion. Pour les organisations, elle soulève une question plus sérieuse encore : les données comportementales de vos salariés, les inventaires de vos logiciels, les journaux d'activité de vos machines partagent en permanence des informations avec un acteur privé américain. Cet acteur est soumis au Cloud Act américain, qui permet aux autorités fédérales d'accéder à des données hébergées ou contrôlées par des entreprises américaines, y compris pour des données stockées en Europe. Ce n'est pas une hypothèse complotiste. C'est un cadre juridique documenté.


02 / Apple et la vie privée

Apple et le paradoxe "Privacy. That's iPhone."

Fait Apple a construit une partie substantielle de son marketing autour de la vie privée. "Privacy. That's iPhone." "What happens on your iPhone, stays on your iPhone." Ce positionnement est réel sur certains points, notamment le chiffrement des données locales, les App Tracking Transparency demandes de consentement, et l'absence de revente directe de données à des annonceurs. Sur ces aspects, Apple fait objectivement mieux que Microsoft ou Google.

Fait Mais votre Mac envoie des données à Apple, même si vous avez décliné le partage analytique lors de la configuration initiale. La documentation officielle d'Apple le confirme sans ambiguïté : macOS collecte les spécifications matérielles et logicielles complètes, les événements système, les rapports de crash incluant les données d'usage des applications Apple et tierces, et les informations sur les appareils connectés. Ces rapports de crash peuvent être partagés avec "les partenaires et développeurs tiers d'Apple". Des connexions vers les serveurs Apple restent actives par défaut et nécessitent des désactivations manuelles dans plusieurs menus de préférences distincts, pas un seul interrupteur.

Analyse Le paradoxe Apple est précisément là : la marque qui vend la vie privée comme argument commercial fait de la collecte de données. Ce n'est pas de la mauvaise foi. C'est une tension documentée entre le modèle économique d'une plateforme intégrée et la promesse de confidentialité. Apple collecte moins que Microsoft, de façon plus transparente, avec davantage de contrôle utilisateur. Mais la formule "Privacy. That's iPhone." est une promesse de marque, pas une garantie technique. Votre Mac reste une machine d'une entreprise américaine, soumise au droit américain, dont vous ne pouvez pas auditer le code source. La comparaison avec Linux reste entière : sur Linux, aucune donnée ne part nulle part par défaut, et vous pouvez vérifier vous-même que c'est le cas.


03 / Le Cloud Act

Le Cloud Act : la bombe juridique que personne ne vous a expliquée

Il existe un argument que ni Apple, ni Microsoft, ni aucun de leurs représentants commerciaux ne mentionnera jamais lors d'une présentation. Il s'appelle le Cloud Clarifying Lawful Overseas Use of Data Act, dit Cloud Act, signé en 2018 par le président américain. Son principe est simple et ses implications sont considérables.

Fait Le Cloud Act autorise les autorités fédérales américaines à exiger d'une entreprise américaine qu'elle transmette des données stockées ou contrôlées par elle, quel que soit l'endroit où ces données sont physiquement hébergées. En clair : si vous stockez vos fichiers sur OneDrive, si votre messagerie passe par Outlook, si votre système d'exploitation est Windows, une partie de votre activité numérique est techniquement accessible aux autorités américaines sur simple requête, même si vous êtes en France, même si vos serveurs sont en Europe.

Ce que le Cloud Act implique concrètement selon votre profil
Cadre légal américain · CLOUD Act 2018
Vos emails professionnels sur Outlook sont accessibles à la justice américaine sur requête
Vos fichiers OneDrive ou SharePoint sont concernés, même hébergés dans des datacenters européens
La télémétrie Windows remonte des identifiants de périphérique et des comportements d'usage
Les données de vos bénéficiaires stockées dans des logiciels SaaS américains (Salesforce, Teams, etc.) sont potentiellement concernées
Le RGPD européen et le Cloud Act sont en tension directe : les deux s'appliquent simultanément
Les associations gérant des données sociales, des dossiers de mineurs, des informations médicales sont exposées à ce cadre sans en être informées
Les organisations ne peuvent pas "opter out" du Cloud Act en changeant de datacenter : c'est l'éditeur qui compte, pas la localisation du serveur
Linux, en tant que système open source sans éditeur américain unique, n'est pas soumis à ce cadre
Ce n'est pas une hypothèse complotiste. C'est un cadre juridique documenté, en vigueur, et rarement mentionné dans les contrats SaaS signés par les organisations françaises.

Analyse Pour un particulier, le Cloud Act est une préoccupation abstraite. Pour une association gérant des données de bénéficiaires en situation de fragilité sociale, pour un service de santé au travail, pour une structure d'insertion qui traite des dossiers sensibles, c'est une question de conformité réelle, en tension directe avec le RGPD et les obligations déontologiques. La question n'est pas "est-ce que les autorités américaines vont accéder à mes données de stagiaires ?" La question est : avez-vous signé des engagements de confidentialité envers vos bénéficiaires, tout en utilisant un système d'exploitation américain dont la télémétrie transmet des informations à une entreprise soumise au Cloud Act ?


04 / La différence Linux

Linux : ce que "open source" signifie concrètement pour vos données

Bureau Pop!_OS : fond neon violet, logo Pop!_OS centré, dock avec Steam, VLC, Firefox, gestionnaire de fichiers. Distribution Linux grand public.
Pop!_OS · Distribution Linux grand public, orientée gaming et productivité · Zéro télémétrie, zéro surveillance. Ce bureau est à vous.

Fait Les distributions Linux grand public (Ubuntu, Fedora, Linux Mint, Pop!_OS) ne collectent pas de données comportementales utilisateur et n'envoient pas de télémétrie à des serveurs tiers par défaut. Ubuntu propose un opt-in volontaire à une collecte anonymisée limitée lors de l'installation : une seule fenêtre, clairement expliquée, désactivable à tout moment. Linux Mint ne propose aucune collecte, même optionnelle. Pas de processus en arrière-plan qui transmet. Pas de base de données d'événements qui s'accumule. Pas d'identifiant de périphérique envoyé à un serveur tiers.

Fait Le code source du noyau Linux et des distributions majeures est public et auditable par n'importe qui. Ce point mérite d'être pris au sérieux : la différence entre Linux et Windows sur la vie privée n'est pas une affaire de confiance dans une marque. C'est une affaire de vérifiabilité. Avec Windows, vous faites confiance à Microsoft sur parole. Avec Linux, vous pouvez vérifier. Des milliers de développeurs, de chercheurs en sécurité et d'administrations publiques le font. C'est précisément pourquoi Linux équipe 100 % des 500 superordinateurs les plus puissants au monde, et 51 % des serveurs mondiaux : pas par idéologie, mais parce que la transparence du code est une garantie technique que les systèmes propriétaires ne peuvent pas offrir.

Opinion Ces garanties s'appliquent d'abord à vous, en tant qu'individu. Mais elles résonnent aussi différemment dès lors qu'on les transpose à une organisation : une association, un service public, une structure qui traite des données sensibles sur des tiers. Ce sujet mérite un article à part entière, tant les freins techniques réels à une migration organisationnelle sont distincts de ceux d'un usage personnel. Ce qui est certain, c'est que la question mérite d'être posée à cette échelle aussi, et qu'elle ne l'est presque jamais.

Ce que Linux vous donne que Windows et macOS ne peuvent pas

05 / Ce qui a changé

Les trois accélérateurs qui rendent Linux accessible en 2026

L'argument pour la vie privée n'est pas nouveau. Ce qui est nouveau, c'est que la transition vers Linux est désormais réaliste pour un public beaucoup plus large qu'avant. Plusieurs évolutions structurelles ont convergé entre 2022 et 2026 pour réduire le coût réel de la migration. Les chiffres le confirment.

5,3%
Part de Linux parmi les joueurs Steam en mars 2026 · record historique · +130 % en un an · PCWorld
438M
Téléchargements sur Flathub en 2025 · 3 249 applications disponibles · contre 360M en 2024 · Flathub
26%
Des utilisateurs Windows encore sur Windows 10 en mai 2026, après la fin du support en octobre 2025 · StatCounter

1. Le Steam Deck a normalisé Linux auprès du grand public

Fait Le Steam Deck de Valve fonctionne sous SteamOS, une distribution Linux. Des millions d'utilisateurs ont découvert Linux sans jamais l'avoir choisi consciemment, et dans un contexte exigeant : le jeu vidéo. À son troisième anniversaire en février 2025, Valve estimait entre 3,7 et 5,6 millions d'unités vendues. En mars 2026, Linux a franchi pour la première fois 5,33 % des utilisateurs Steam, avant de se stabiliser à 3,99 % en mai 2026, restant au-dessus de macOS à 2,16 %. La tendance de fond est documentée : environ 1 % en 2016, 2,3 % en 2025, 4 % en 2026.

Selon la compilation ProtonDB publiée par Boiling Steam en octobre 2025, environ 60 % des jeux Windows sont notés "Platinum" sur Linux (fonctionnent parfaitement sans réglage), 7 % "Gold" (réglages mineurs), soit près de 90 % du catalogue Steam jouable sans friction significative. Proton 11, sorti en 2026, améliore encore la compatibilité avec les jeux récents et les casques VR. Ce qui importe pour notre propos : des millions de personnes ont constaté que jouer sous Linux fonctionne. La barrière psychologique du "Linux c'est compliqué" recule, jeu après jeu.

Fait La limite reste nette : les jeux compétitifs à anti-cheat de niveau noyau (Valorant, Call of Duty, Fortnite, GTA Online, Battlefield 6) restent bloqués. Dans le cas d'Apex Legends, EA a explicitement choisi de bloquer Linux en 2024, citant les vecteurs d'exploitation spécifiques à cet environnement. Ce n'est pas un problème technique de Linux. C'est une décision des éditeurs. Consultez areweanticheatyet.com et ProtonDB avant de migrer si vous jouez à ces titres.

2. L'IA via le navigateur a réduit une dépendance majeure, et en a créé de nouvelles

Analyse Pendant des années, le principal argument contre Linux était : "Je ne peux pas me passer de Microsoft Office." En 2026, cet argument a perdu une grande partie de sa substance. Un assistant IA (Claude, Mistral, Copilot en ligne, Gemini) permet de générer, corriger, reformater ou convertir des documents Word, Excel, PowerPoint de qualité professionnelle, directement dans un navigateur, sans aucune installation locale. Le navigateur est identique sous Linux, Windows ou macOS.

Ce déplacement vers le navigateur réduit mécaniquement la dépendance à Windows. Mais il faut nommer la contrepartie : remplacer une dépendance à Microsoft par une dépendance à OpenAI ou Google n'est pas un gain net d'autonomie. Les données que vous envoyez à un assistant IA quittent votre machine et rejoignent des serveurs américains, soumis aux mêmes questions juridiques que celles évoquées pour Windows. La lucidité s'applique dans les deux sens.

Fait Il existe une troisième voie : les IA locales. Ollama et LM Studio permettent de faire tourner des modèles de langage directement sur votre machine, sans connexion, sans aucune donnée qui quitte votre disque. Linux est d'ailleurs meilleur terrain que Windows pour ces outils, notamment avec les GPU AMD via ROCm. Le plancher réaliste est 16 Go de RAM et un GPU avec 8 Go de VRAM. Pour un usage confidentiel de traitement de documents, c'est une option sérieuse et disponible. Pour le grand public sans GPU dédié, c'est encore un peu technique. C'est en train de changer.

3. L'installation de logiciels est devenue accessible

Fait Pendant longtemps, installer un logiciel sous Linux supposait de comprendre les dépôts, les paquets .deb ou .rpm, les dépendances, parfois la ligne de commande. Ce frein réel a diminué structurellement. Flathub, devenu l'infrastructure centrale de distribution d'applications Linux, a publié 438 millions de téléchargements en 2025, contre 360 millions en 2024, avec 3 249 applications disponibles. Pour un utilisateur, cela ressemble à un app store : on cherche, on clique, on installe, le système gère les dépendances. Ce n'était pas le cas il y a dix ans.

4. Les distributions Linux ont atteint la maturité grand public

Fait Les distributions comme Linux Mint 22 (LTS, support jusqu'en 2027), Ubuntu 24.04 LTS, Fedora 41 ou Pop!_OS 24 offrent en 2026 une expérience d'installation et d'usage comparable à Windows pour les usages courants. L'installation prend 20 minutes. Le Wi-Fi, le Bluetooth et les imprimantes courantes fonctionnent sans configuration manuelle dans la majorité des cas. AMD a ouvert ses pilotes graphiques sous Mesa. NVIDIA a publié ses modules de noyau en open source depuis 2022. Les mises à jour de firmware passent désormais par une interface graphique sur le matériel compatible.

5. Windows 10 est mort, Windows 11 repousse

Fait Le support de Windows 10 a pris fin le 14 octobre 2025. Malgré cela, StatCounter enregistre encore 26 % des utilisateurs Windows sur cette version en mai 2026, plusieurs mois après la fin du support de sécurité. Windows 11 impose des exigences qui excluent une partie du parc existant : TPM 2.0, Secure Boot, 64 Go de stockage minimum, compte Microsoft obligatoire pour les éditions Home et Pro en usage personnel à partir d'octobre 2025. Pour les personnes dont l'ordinateur fonctionne correctement mais ne satisfait pas ces critères, Linux est une alternative directe, pas un compromis. La campagne communautaire "End of 10", portée notamment par KDE, a explicitement adressé ces utilisateurs en leur proposant des guides de migration vers Linux.

Fait Ce mouvement ne concerne plus seulement les particuliers. En avril 2026, la DINUM a annoncé la migration de ses propres postes de travail vers Linux, en choisissant NixOS, une distribution à configuration reproductible. Le Schleswig-Holstein, en Allemagne, a migré environ 30 000 postes publics vers Linux et LibreOffice, documentant une économie de plus de 15 millions d'euros de licences pour un investissement unique de 9 millions d'euros. Ces précédents institutionnels ne sont pas des arguments pour votre usage personnel. Ils signalent que la question de la dépendance aux éditeurs américains est entrée dans les délibérations stratégiques à tous les niveaux.

Multiples fenêtres de navigateur ouvertes simultanément : Gmail, Google Sheets, Google Docs plan marketing, dashboard analytics, messagerie d'équipe. Usages professionnels quotidiens entièrement dans le navigateur.
Messagerie, tableurs, documents collaboratifs, tableaux de bord, chat d'équipe : l'essentiel de votre activité professionnelle passe déjà dans le navigateur. Ce navigateur est identique sous Linux, Windows ou macOS.

06 / Pour vous

Usage personnel : ce que vous pouvez faire dès maintenant

Pour un usage individuel, la bascule vers Linux est envisageable pour la majorité des personnes en 2026. Les freins historiques, pilotes Wi-Fi capricieux, installation complexe, catalogue de logiciels insuffisant, ont été largement levés. La méthode Live USB permet de tester sans risque. La seule chose que vous risquez en essayant, c'est de constater que ça fonctionne.

Voici ce qui fonctionne réellement sous Linux en 2026, décrit pour ce que c'est en pratique, pas en jargon technique.

Ce qui fonctionne sans friction : vos usages du quotidien
Ce qui reste bloquant : les quatre cas réels
Un point de lucidité : Linux réduit des dépendances, il ne les supprime pas toutes

Opinion Voici les distributions qui correspondent à chaque profil en 2026, sans jargon. Linux Mint 22 (Cinnamon) : l'entrée recommandée si vous venez de Windows. Interface familière, codecs multimédia inclus d'emblée, gestionnaire de mises à jour sobre, outil de snapshot Timeshift intégré pour sauvegarder votre système avant toute modification. Zorin OS : encore plus accessible pour les transfuges Windows ou macOS, avec des layouts d'interface qui reproduisent visuellement ce que vous connaissez déjà. Ubuntu 24.04 LTS : la plus documentée, celle dont toutes les questions ont déjà une réponse sur un forum quelque part. Pop!_OS : la référence pour les profils gaming ou avec une carte graphique NVIDIA, avec une image préconfigurée qui intègre les bons pilotes dès l'installation. Bazzite : une distribution immuable, optimisée gaming, pensée pour ressembler à SteamOS sur un PC de bureau. Pour les profils orientés vie privée et contrôle maximal : Fedora ou Debian 13. Pour les vieux PC exclus de Windows 11 : Lubuntu, Xubuntu ou Linux Lite, qui fonctionnent correctement avec 2 Go de RAM.

Comment commencer sans risque : la méthode Live USB

07 / Et les organisations ?

Une question qui se pose aussi ailleurs

Tout ce que vous venez de lire concerne votre usage personnel. Mais si vous exercez dans une organisation, publique, associative ou privée, la même question surgit probablement : qu'est-ce que tout cela implique pour les outils collectifs, les données traitées au nom d'autres personnes, les choix numériques que personne dans votre structure n'a jamais vraiment délibérés ?

Analyse La réponse à cette question est beaucoup plus complexe qu'au niveau individuel. Les freins y sont d'une autre nature, les enjeux y sont collectifs, et les décisions ne peuvent pas se prendre depuis une clé USB un dimanche après-midi. Ce n'est pas le sujet de cet article.

En attendant
« Ce que vous décidez pour votre ordinateur personnel, vous pouvez le décider maintenant. Ce que votre organisation décide pour ses postes de travail est une autre conversation. Les deux méritent d'avoir lieu. »

08 / Et concrètement

Deux décisions distinctes, mais liées

Vous venez de lire pourquoi Windows vous surveille, pourquoi Apple ne tient pas entièrement la promesse "Privacy", pourquoi le Cloud Act est une réalité juridique que vos éditeurs ne vous expliquent pas, et pourquoi Linux n'a aucun de ces problèmes. La question n'est plus "est-ce que Linux fonctionne ?". Elle est : qu'est-ce que vous attendez ?

Verdict éditorial

Vous payez pour être surveillé. Linux est la sortie. Elle est gratuite.

Votre abonnement Microsoft 365 vous coûte entre 70 et 100 euros par an. En échange, votre système d'exploitation envoie en permanence des données comportementales à une entreprise américaine, active une fonctionnalité qui prend des captures d'écran de tout ce que vous faites (Recall), et soumet vos données au Cloud Act américain. Vous n'avez jamais pris cette décision explicitement. Elle a été prise pour vous, par défaut, à l'installation.

Linux ne fait rien de tout cela. Il est gratuit. Il est vérifiable. Il fonctionne pour la grande majorité des usages courants en 2026. Le gaming y a explosé. L'IA accessible depuis le navigateur a supprimé la dépendance à de nombreux logiciels propriétaires. Les distributions grand public s'installent en vingt minutes.

La méthode est sans risque. Téléchargez Linux Mint. Créez une clé USB bootable avec Etcher. Démarrez en mode Live. Testez vos usages réels pendant quelques heures, sans toucher à votre Windows. Si ça fonctionne, installez en dual-boot. Vous aurez les deux systèmes, vous choisirez au démarrage, et vous verrez par vous-même ce que signifie travailler sur une machine qui ne vous surveille pas.

La surveillance numérique n'a pas de visage. Elle ressemble à un système d'exploitation familier, à une icône bleue sur le bureau, à une mise à jour qui s'installe la nuit. Vous avez une alternative. Elle était là depuis trente ans. Elle n'a jamais été aussi accessible qu'en 2026.

Si vous lisez encore ces lignes, c'est que vous n'avez pas trouvé de raison valable de ne pas essayer. C'est souvent le bon signal.

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Pierre Bannwarth
Formateur ESS · Manager associatif · Auteur · pierre-bannwarth.fr
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